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  • Marine

Ahimsa. Une histoire de non violence

Mis à jour : 22 avr. 2020

Ahimsa- अहिंसा


• A : non

• Himsā : violence

Premier point des Yamas, la non violence est le socle de notre pratique. C’est souvent aussi avec cette idée comme point de départ que les gens finissent par se tourner vers l’art du Yoga.

I. Ahimsa dans vos pensées

Nos pensées jouent un grand rôle dans l’ensemble de notre bien-être. Vous pouvez faire attention à votre alimentation, faire du sport régulièrement, boire des smoothies verts et manger des graines, si vos pensées sont “violentes” ( entendez stressantes, source d’anxiété, de peur, de colère etc..) vous ne vous sentirez définitivement pas aussi bien que vous le pourriez.

Ahimsa c’est être conscient de nos pensées et de leur qualité.

Quand nous pensons négativement, nous créons un effet “combat ou fuis” qui prépare notre corps à affronter un danger, en sécrétant une hormone de stress. Cette dernière va affaiblir notre système immunitaire, nous nous rendons ainsi plus enclins aux maladies ou douleurs physiques.

Mais ce n’est pas seulement les pensées envers nous-mêmes dont nous devons être conscient. Jalousie, jugement, colère et ressentiment - lorsque dirigés vers quelqu’un d’autre - reviennent juste nous mordre en nous faisant sentir mauvais à notre tour.

~ Observez vous lorsque vous affrontez un challenge, quelle est l’attitude de votre cerveau ?

Est ce vos pensées vous poussent à vous décourager ou au contraire vous tirent vers le haut ?


Sachez que nous sommes tous plus ou moins spécialistes de l’auto sabotage, moi la première. Mais tout doucement nous pouvons faire évoluer nos pensées, nos tendances. Pour cela, il faut de la patience, beaucoup d’amour et de la pratique.

➡️ Exercice : Pourriez vous mener une enquête sur vos pensées, identifier les négatives, et essayez de ne pas les agripper? De ne pas les nourrir en revenant au présent ?

• Ce qu’en dit la science :

- Chaque pensée négative engendre une réaction physiologique. Le stress, la peur, l’angoisse vont créer une chaîne de réaction pour préparer votre corps au danger ( nous sommes toujours des chasseurs cueilleurs en bien des aspects ). Cette réaction est d’abord chimique. Notre cerveau va sécréter des hormones telles que le cortisol et l'adrénaline ( entre autres ) qui engendreront une réaction dans notre corps : augmentation de la pression artérielle, du rythme cardiaque , etc. Vous vous préparez à la fuite ou au combat.

Ce qui n’était donc qu’une pensée négative, va finalement se transformer en onde de choc dans le corps, créant ainsi un cercle vicieux d’où il est particulièrement difficile de s’échapper. -> Observez vous dans votre pratique, quelle est votre attitude quand vous abordez la posture avec laquelle vous avez du mal ?


~ De la même manière, chaque pensées positives permettront de sécréter des hormones telles que la dopamine (excitation,motivation), des endorphines ( hormones du plaisir) et de la sérotonine ( relaxation, bien être ), toutes ces hormones vont elles aussi créer une réaction en chaîne dans le corps, et vous maintiendrons positifs, détendus et heureux 😁.

II. Ahimsa dans notre relation à nous mêmes et dans notre relation aux autres

“ Aimes toi toi-même. ”


Attention, ne pas confondre amour et égocentrisme (...)


Vivre avec sois même, c’est difficile parfois. Mais si l’on y pense : nous sommes la personne qui nous connaissons le mieux, défauts, qualités, manies, humeurs. Et pourtant bien que conscient que nous ayons certaines qualités, nous avons tellement de mal à nous apprécier ! Comment espérer apprécier autrui si l’on n’est pas en mesure d’apprécier la personne que nous connaissons le mieux ?

Si avec patience et compassion nous tentons de nous connaître et de nous comprendre, il sera alors plus facile de nous accepter tels que nous sommes. Et une fois cet exercice de l’esprit intégré, il deviendra alors plus facile d’étendre cette faculté de compassion dans nos relations aux autres. Si vous avez réussi à accepter vos pires défauts, peut être que vous pourriez pardonner à d’autres personnes d’avoir les mêmes ?

Du grain à moudre :

~ Observez-vous lorsque vous aidez un ami qui traverse une passe difficile, comment le soutenez vous ? De quelle manière l’aidez vous à reprendre doucement espoir et à sourire ?

Seriez-vous capables de la même compassion, d’utiliser la même “méthode” avec vous-même quand vous faites face à une épreuve ?

~ Quelle est votre opinion de vous même ?

Savez-vous vous reconnaître des qualités ?

~ Vous dorlotez vous des fois ? Petit plats, bains chauds, massages, ou juste prendre le temps de boire un verre en terrasse ?

~ Et est ce assez régulier comparé au stress que vous subissez dans votre quotidien ?

➡️ Exercice :

  • Comment pratiquez-vous Ahimsa avec vous-même dans votre quotidien ?

  • Pourriez-vous me citer 3 choses que vous aimez chez vous ?

III. Ahimsa dans votre pratique

Que l’on soit débutants ou pratiquant confirmé nous pouvons tous nous sentir frustrés parfois lorsque notre pratique ne progresse pas aussi vite que nous le souhaitons. Se remémorer Ahimsa dans nos Asanas, c’est accepter de lâcher prise sur toutes ces pensées négatives. À propos de nos corps et de ses capacités, pour nous accepter complètement tels que nous sommes dans l’instant T. Souples ou pas, forts ou pas.

La non violence au sens physique signifie : ne vous poussez pas en dehors de vos limites. Bien sûr, nous nous lançons des défis, dans le but de grandir, en allant parfois jusqu’à frôler cette limite, mais jamais jusqu’au point de se faire mal.

En respectant nos limites, et en écoutant nos corps, la pratique devient durable, et se transforme en un outil puissant de connaissance de soi.

IV. Ahimsa dans votre assiette


Être vegan est généralement un des premiers actes de non violence réaliser par les Yogis. Pourtant, même au milieu de ce geste de paix, nous pouvons déceler des petites violences. En tant qu’humains nous sommes omnivores, et avons besoin d’un certain apport en protéines et en vitamines. Alors nous pourrons nous adapter pour trouver nos protéines dans d’autres nutriments telles que les légumineuses, mais la vitamine B12 par exemple ( elle participe au développement de notre cerveau) ne se trouve que dans les produits d’origine animale. C’est une violence faite au corps et à notre équilibre que de s’en privé. De plus si au fond vous aimez les produits d’origine animale, ce sera aussi une violence que de vous privé de ce plaisir. Mais protéger les animaux mérite pourtant bien de se faire violence non ?


Mais il n’est pas nécessaire d’être végan ou végétarien pour être Yogi. Encore une fois ceci n’est pas le Yoga. Le Yoga est le recherche de l’équilibre entre deux extrêmes.

Nous pouvons ici observer les choses dans l’autre sens. Le véganisme, est un extrême dans la non violence. L’autre extrême est la consommation de produit d’origine animale à outrance. Le premier peut créer des frustrations (comme n’importe quel régime trop strict) et le second mettra votre corps et votre santé à rude épreuve. Si l’on choisi simplement d’écouter son corps, de le nourrir avec de bons produits, qui le font sentir bien mais aussi de ce dont il a envie à l’instant T, on ne crée aucune frustration, et cette pratique devient durable et bonne pour le corps comme pour l’esprit. Le tout, dans l’équilibre.

V. Non violence - violence : accepter de les faire coéxister pour entrer dans la non violence.

Le bien et le mal, le lâcher prise et la discipline, coéxistent et sont interdépendants.

Regardons le symbole du Yin et du Yang, le blanc épouse le noir pour former un cercle parfait, mais en chacun d’eux, se trouvent une petite quantité de l’autre, une petite tâche.

Quand on considère Ahimsa, ces petites tâches, ce sont les petites violences choisies, qui permettent d’atteindre l’état de non violence.


La violence peut épouser bien des formes, prenons un exemple :


Exemple 1 : Je suis fumeuse, et ce depuis 15 ans. Une violence quotidienne que je fais envers mon corps mais pas seulement, comme je pratique et enseigne le Yoga, oh comble de la honte, mon ego va sans cesse me rappeler que je suis une “mauvaise” Yogi. Résultat : Violence + violence le tout depuis des années, et tout ca pour que je fume toujours. L’auto-flagellation mentale et la culpabilité n’ont jamais donné de bons résultats 😬


Alors que puis-je faire pour sortir de ce cycle ?


  • 1er pas : me pardonner (acte de non violence ), oui je fume, je ne suis pas parfaite, mais qui l’est ? Mon problème c’est la clope, mais pour d’autres c’est la nourriture, pour d’autre c’est l’alcool, pour d’autres c’est l’exercice à outrance ! Et être un bon Yogi ce n’est surement pas d’être non fumeur, d’être vegan, ou de se pouvoir se tenir sur la tête. Alors je me pardonne.

  • Puisque je me pardonne, j’arrête de m’autoflageller mentalement. Oui, je dois arrêter de fumer, c’est juste que je n’en suis pas encore là, et c’est ok. Cette énergie que j’utilise contre moi même, je vais dorénavant l’employer, à me comprendre, à me rassurer, à apprendre à m’aimer. Et c’est en faisant de moi ma plus fidèle alliée, que j’aurais alors la place et la force, de me battre contre cette addiction.


Exemple 3 :

Dans votre pratique du Yoga, se trouve de la discipline. Cette discipline de vous lever le matin, d’aller méditer, ou pratiquer sur votre tapis. Mais vous le savez aussi bien que moi, c’est cette discipline régulière, ce petit coup de pied au fesses que vous vous mettez, qui vous permet ensuite d’atteindre ce sentiment de bien être, ce lâcher prise, tant dans l’exercice même, que dans l’effet post pratique.

  • Accepter une petite violence, pour se comprendre et se pardonner et accéder ainsi à un état de non violence sur le long terme, ou pour soutenir une idée plus grande est parfois inévitable.

➡️ Exercice : Placer la discipline, la violence au bon endroit.

Ces petites violences de votre quotidiens, êtes vous en accord avec elles ?

Les utilisez vous à bonne escient ?



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